jeudi 28 juillet 2011

Comme un vendredi


Il est de ces expressions qui vous glacent dès que vous les entendez. La première fois que j'ai ouï répondre « comme un lundi » à la rituelle question du « comment ça-va? », je me suis demandé par quels types de désenchantements à répétition il fallait passer pour en arriver à commencer ses semaines dans la seule attente de leurs fins.

Depuis 1996, année de mon diplôme d'ingénieur et de la constitution de ma première société, j'ai eu la « chance » de toujours voir le lundi comme le meilleur jour de la semaine, véritable autoroute de perspectives, et de considérer le vendredi soir comme le moment le plus stressant, me laissant tomber dans un abîme de deux journées sans rythme et sans substance. Heureusement, on pouvait faire passer la pilule en profitant du calme relatif pour faire un peu de R&D ou travailler sur des nouveaux projets.

Quand je regarde derrière moi, je m'aperçois que j'ai pratiquement toujours travaillé de façon obsessionnelle, comme si rien d'autre n'avait d'importance. En école d'ingénieur déjà, où j'avais transformé ma chambre d'étudiant en laboratoire d'électronique et qui était le cadre de développements incessants (en mode gros boutonneux limite paria de l'école). Puis dès mon stage de fin d'étude chez Philips, que je sabotais au profit de ma société nouvellement créée. Et enfin, sans aucune relâche, jusqu'en 2002, année où j'explosais en vol, victime à la fois d'épuisement et de la perte de mon « drive » (ces deux facteurs n'étant en rien liés).
S'en est suivi 7 ans d'expatriation, où j'ai découvert qu'on pouvait très bien travailler normalement, motivé par son projet, mais en prenant aussi du bon temps et en profitant des autres choses que peut offrir la vie. Avec un prix à payer bien sûr, celui de ne plus être une machine, et donc d'être radicalement moins performant en terme de résultat.

En 2009, j'avais un peu perdu mes repères, je n'avais en fait même plus de projet. Et ce n'était plus l'arrivée du vendredi qui me stressait, mais la semaine entière, à part le dimanche – journée auparavant honnie – qui par son aspect oisif me mettait désormais à égalité avec tout le monde.

J'ai eu la chance de retrouver un projet, même deux en réalité, et surtout j'ai eu la chance de retrouver mon drive. Depuis, chaque lundi est à nouveau le plus beau jour de la semaine.

Si vous êtes comme moi, un amoureux du lundi et un stressé du vendredi, alors j'en déduis que vous êtes heureux(se).

Eric

jeudi 10 mars 2011

Prixing est disponible sur iPhone

Prixing, le comparateur de prix nouvelle génération, est disponible sur l'AppStore depuis ce matin. L'application est bien évidemment gratuite et vous pourrez la trouver dans "Style de vie" ou en cherchant "prixing" directement dans l'AppStore.


Liens direct iTunes:
http://itunes.apple.com/fr/app/prixing/id423317030?mt=8&ls=1

Démonstration vidéo en 1m30:
http://www.prixing.fr/p/video

La version iPhone n'est pas encore aussi fonctionnelle que celle sur Android, mais dès la fin du mois une mise à jour permettra d'ajouter des produits, des prix, des avis et de voir les magasins autour de soi.

De nouvelles fonctionnalités sont en cours de développement, comme par exemple la comparaison de listes de courses entre magasins ou les informations santés (additifs, allergènes) sur les produits.

Pour vous tenir au courant des dernières nouveautés Prixing, suivez-nous sur le Twitter @Prixing!

Eric

mardi 1 mars 2011

Prixing: le comparateur de prix nouvelle génération

Après plusieurs mois de travail, je suis très heureux d'annoncer la sortie officielle de Prixing, le comparateur de prix nouvelle génération.

Scannez le code barre de n'importe quel type de produit et obtenez les prix internet, mais aussi les prix locaux dans les magasins autour de vous! Vous obtenez aussi les avis consommateurs, très utile pour choisir un livre ou un DVD.

Prixing est une application gratuite et est disponible sur l'Android Market (recherchez "prixing" sur votre téléphone) et est en cours de publication sur l'AppStore (sortie prévue vers le 15 mars au maximum).

Plutôt qu'un long discours pour expliquer ce que fait l'application et les avantages que vous pouvez en retirer, voici une vidéo qui démontre sa puissance:



De nombreuses fonctionnalités sont prévues pour la suite, comme la comparaison de paniers (où faire mes courses au moins cher pour ma liste de courses?), le partage de listes (scannez votre collection de DVD préférés et partagez là facilement avec vos amis) et la consultation des bons plans et promotions dans les magasins aux alentours.

Une version web est en cours de développement: vous pourrez comparer vos prix et listes de courses directement sur notre site, et synchroniser vos listes avec les applications mobiles.

Pour vous tenir au courant des nouveautés, suivez @Prixing sur Twitter.

Disponible sur iPhone

Prixing est le nom officiel de Beamy, nom de code qui était utilisé lors de la bêta privée et dont j'ai parlé sur ce blog.

Eric

jeudi 10 février 2011

Genèse d'une startup


Voila c'est fait, Epic Dream SAS a été incorporée la semaine dernière au Greffe du Tribunal de Commerce de Nanterre.

Nouvelle société, nouveaux locaux, nouveaux employés, nouveaux défis et donc une belle aventure en perspective. Après de longues années d'interruption, loin du cambouis des claviers et des frameworks de développement, je me sens vraiment sur un petit nuage à être reparti sur une "startup internet".

Le déclic s'est produit en avril 2010, à Riga, quand Yahoo a tenté de racheter Foursquare pour 100 millions de dollars, et qu'ils se sont pris une fin de non recevoir. J'ai senti les prémices d'un retour en force de l'entreprenariat et des ascensions fulgurantes. Un nouvel écosystème, les applications mobiles, étaient en train de relancer la machine, et je ne voulais certainement pas rater le train.
Dès le lendemain, j'ai déniché un Nexus One (mobile Android fabriqué par HTC en partenariat direct avec Google) et j'ai installé le SDK (l'environnement de programmation qui permet de développer des applications). Je n'avais aucune idée particulière en tête, mais je devais monter mes compétences sur le sujet.

Je me rappelle des kilomètres parcourus dans les rues de Riga en promenant ma fille de 6 mois Aliénor dans sa poussette. Pendant qu'elle gazouillait ou dormait, selon l'humeur, je  brainstormais en tentant de trouver l'idée qui me permettrait de monter un projet d'envergure. Mes critères: il fallait que l'application interagisse avec le monde extérieur, que ce soit de portée mondiale, que ce soit viral par nature et surtout que le problème de l'oeuf ou la poule ne se pose pas.

L'oeuf ou la poule? Kesako? Prenons l'exemple d'une application de rencontre géolocalisée (qui est autour de moi et souhaite prendre un verre pour faire connaissance?): c'est impossible à mettre en place ex-nihilo car pour qu'il y ait du monde il faut déjà qu'il y ait du monde! Les sites de rencontre classiques résolvent ce problème en animant via des faux profils et des robots, mais sur le principe de la géolocalisation ce n'est pas faisable. Et ce concept de l'oeuf ou la poule se rencontre donc très souvent!... Il faut donc veiller si possible à l'éviter, évitant du même coup les lourdes dépenses marketing indispensables à lancer un produit dans ces conditions.

Pour me tenir au courant de ce qui se passait dans le monde des applications mobiles en vogue, et donc pour rester inspiré, je ne ratais pas un seul article de TechCrunch. De plus en plus de concept intéressants et novateurs voyaient le jour, et en France les choses commençait à bouger (avec par exemple le lancement de Plyce, un clone de Foursquare, qui a levé 300 000 euros).

Mon "idée du siècle" n'est pas venue d'un seul coup. En fait j'ai pas mal fonctionné par itération, trouvant une approche, puis la modifiant morceau par morceau, persuadé à chaque nouvelle adaptation que j'avais trouvé LE concept. A cette époque (avril-mai 2010) j'ai du déposer une centaine de noms de domaine, m'enthousiasmant à chaque fois sur une idée et le nom que je lui avais trouvé.
Et puis finalement, allongé sur mon canapé, j'ai vu la lumière. J'ai retourné la nouvelle idée dans tous les sens, sans trouver de faille immédiate, et je me suis dit, voilà, tu tiens ton projet.

Veggster était né.

Immédiatement, je me suis mis à coder une version alpha sous Android afin de tester sa faisabilité et obtenir rapidement un "proof of concept".

Tout se passait bien, la maquette avait l'air prometteuse, quand d'un seul coup quelque chose d'imprévu est arrivé: j'ai eu une autre idée. En lisant un article sur TechCrunch qui parlait My Town (un jeu mobile avec plusieurs millions d'abonnés) et de leur volonté de lier des objets physiques à leur univers via le scan de code barre, j'ai eu une sorte de révélation: il fallait que je fasse une application qui permettrait de faire l'équivalent du "J'aime" Facebook sur n'importe quel produit physique doté d'un code barre.
Pendant longtemps je suis resté persuadé que c'était mon idée du siècle, et que ça allait super bien marcher. J'ai mis de côté Veggster et j'ai commencé à coder ma nouvelle application que j'avais baptisée 'Likestorm'. J'ai rapidement mis au point un prototype qui scannait un code barre et permettait de dire "J'aime" sur la fiche produit, ce qui publiait sur son flux Facebook "Machin aime le Coca Cola".

Bon là j'ai quand même finis par me dire "ok tu as peut être un problème". Ton machin, là, il ne sert à rien. De plus, quand j'en parlais autour de moi j'avais souvent un silence gêné. Ce genre de signe ne trompe pas, et j'ai rapidement tenté de rebondir dans une autre direction à partir de mon prototype initial.

Itération après itération, et après de longues semaines de travail, j'ai fini par me diriger vers un comparateur de prix mobile orienté sur la grande consommation et les prix locaux. Un projet titanesque car il ne s'agit plus de développer une simple application sur un téléphone, mais de concevoir un écosystème complet comprenant une base de données, un framework de datamining (pour remplir la base avec les fiches produits et les prix), un frontal web, une API et les applications mobiles.

Beamy était né.

Nous étions fin juin et nous devions rentrer en France, à Neuilly. Suite à un problème de dégât des eaux, nous sommes finalement allés dans ma maison de campagne. Pendant 3 mois je me suis enfermé dans l'ancien atelier de mon père et j'ai codé comme un autiste, ne sortant que pour manger et jouer dans le jardin avec mes deux filles.

Fin août, j'avais déjà une base de données assez solide, avec des millions de fiches produit et des dizaines de millions de prix. Une cinquantaine de scripts (sorte d'agents intelligents) tournaient en permanence pour alimenter cette base à partir de milliers de ressources internet différentes.

Début septembre je publiais la version 0.1 bêta de l'application "Beamy" Android, dont j'avais fait une description sommaire dans ce billet.

Dans les semaines qui ont suivi, j'ai pu apprécier les retours plutôt positifs sur le travail qui avait été réalisé, et cela a suffit à complètement cimenter ma volonté de lancer le projet à grande échelle et fonder une société.

Début janvier, j'ai donc initié les procédures pour incorporer Epic Dream SAS, dotée de 200 000 euros de fonds propres (investissement personnel). Un mois après, il y a 4 codeurs qui m'ont rejoint et ça turbine à fond à l'intérieur de nos 12m² loués chez Regus dans la Grande Arche de La Défense.

Les perspectives d'avenir sont bien entendu incertaines, car même si nos deux produits (Veggster et Beamy) sont sur des créneaux très porteurs et en pleine accéléeation, il faut encore réussir à créer des applicatifs de qualité et surtout arriver à séduire au moins une centaine de milliers d'utilisateurs afin d'obtenir une première masse critique.

La feuille de route d'Epic Dream est simple: 6 mois pour sortir des versions 1.0 convaincantes, afin de lever des fonds dans les meilleures conditions possibles et avoir ainsi les forces vives indispensables pour créer LE comparateur de prix mobile qui changera la manière de consommer des français.

En attendant, quoi qu'il arrive, chaque jour qui passe est un vrai bonheur, boosté par l'énergie positive liée à la création de ces projets.

Eric

dimanche 24 octobre 2010

Le bâton de chaise

A la mémoire de mon père, André Larchevêque (24 octobre 1927 - 9 septembre 2010) qui aurait eu 83 ans aujourd'hui.

Nous avons connu un honneur du Travail, exactement le même que celui qui, au Moyen-âge, régissait la main et le coeur. C'était le même, conservé intact en-dessous. Nous avons connu ce soin poussé jusqu'à la perfection, égal dans le plus infime détail. Nous avons connu cette piété de "l'ouvrage bien faite" poussée, maintenue jusqu'à ses plus extrêmes exigences.

J'ai vu, toute mon enfance, rempailler des chaises exactement du même esprit et du même coeur, et de la même main que ce peuple avait taillé ses cathédrales...

Il fallait qu'un bâton de chaise fût bien fait. C'était entendu. C'était un primat. Il ne fallait pas qu'il fût bien fait pour le patron, ni pour les connaisseurs, ni pour le client du patron. Il fallait qu'il fût bien fait lui-même, en lui-même pour lui-même, dans son être même.

Une tradition venue, montée du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulaient que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement, aussi parfaitement faite que ce qu'on voyait.

C'est le principe même des cathédrales.

Charles PEGUY (L'argent)